Myriam disait qu’il n’y avait rien à ajouter au témoignage de Guillaume. Pourtant…

Même si depuis mon enfance j’écris, quand j’y suis obligée, que je tiens un journal ou rédige une lettre, rien ne me grandit plus qu’un atelier d’écriture : je suis une adulte redevenue enfant, mes yeux brillent de joie ou de tristesse, s’ébahissent devant une consigne, à l’écoute d’un participant, je deviens humble parmi les autres et fière de moi, quand je m’aperçois que j’ai fait du néant quelque chose de vivant.

Secrètement j’entre en moi avec la ferme intention de n’en sortir qu’avec un peu de lumière: un mot que je dirai à voix haute, un mot qu’on entendra pour de vrai, un mot qui me rappellera que j’existe et que je ne suis pas seule. 

C’est parce que je suis libre de ne pas écrire que je m’autorise à jouer, c’est parce que je vais lire à voix haute que je m’efforce d’offrir quelque chose de concret à mes compagnons de fortune. C’est parce que je me sens respectée telle que je suis que j’ose, c’est parce que j’aime partager, comprendre, rêver et découvrir que j’écoute l’autre à mon tour. Nous sommes Unis par l’écriture et uniques quand vient l’heure de la lecture.
 
L’atelier d’écriture me rappelle que je fais parti d’un tout et qu’une partie de ce tout est en moi.