Au delà des ateliers d’écriture, naissent des initiatives personnelles des participants qui me touchent, que j’ai envie de vous partager. Aussi voici le témoignage de Martine qui lit des textes au téléphone depuis le confinement. Comment est née cette idée ?

 

AU CREUX DE L ‘OREILLE

En cette année 2020,

Un mot encore inconnu est venu s’inscrire en lettres majuscules: CONFINEMENT

Une pause dans nos vies agitées passé le temps de sidération.

Et si nous prenions le temps…

Le temps de regarder

Le temps de s’écouter

Le temps de partager

AUTREMENT

Wadji Mouawad homme de théâtre libanais s’est lancé dans l’écriture d’un journal de confinement; chaque jour il relatait ses impressions, sensations, doutes et espoirs face à cette pandémie.

Les mots ne sont pas confinés eux, la parole voyage librement et se glisse au creux de l’oreille.

 Il a donc proposé avec les femmes et hommes de sa compagnie du théatre de La colline d’offrir quelques instants murmurés, vrais rendez vous artistiques et humains. Les poissons pilotes étaient nés.

Extraits choisis par eux laissant la découverte aux heureux écoutants dont j’ai fait partie.

La première fois ce fut Christiana Réali qui choisit M Maeterlinck et un passage du Trésor des humbles: La bonté invisible.

Douceur à l’oreille, mots et silence alternés, nourriture de l’âme.

La fois suivante ce fut avec un extrait du  Nuage en pantalon du poète russe Maïakovski d’être lu par un comédien.

Texte plus rude mais néanmoins intéressant.

La troisième fois ce fut Romane Bohringer qui me proposa un passage du livre de son père: Quinze rounds.

Contact immédiat, voix chaleureuse et amicale ont ensoleillé ma journée.

Je gardais de très bons souvenirs de ces interventions si particulières et si enrichissantes que m’est venue l’idée d’en faire autant avec des personnes de mon entourage.

Je me mis à la recherche de textes et d’écoutant(es) susceptibles d’être intéressés.

Pas compliqué à mettre en place, il suffisait de se mettre d’accord sur l’horaire.

Au fil du temps ce sont Saïd Mohamed, Christian Bobin, Jean Pierre Siméon, Claudie Gallay, Jeanne Benameur, Gaëlle Josse, Muriel Barbery  et d’autres qui ont été les supports de moments suspendus et d’échanges cordiaux.

Je me suis prise au jeu et continue cette aventure fabuleuse, une action simple qui fait du bien.

 » Il y a quelqu’un au bout des mots » dit la poète H Dorion.

Martine

Vous imaginez-vous faire de même ?