Les ateliers d’écriture permettent de faire de belles rencontres y compris avec nous-même.
Quand je relis mes textes je découvre une personne que je ne connais pas et qui est moi.
Quand je relis mon journal intime je croise une personne que je connais par cœur et qui est moi et qui n’écrit rien d’intéressant.

Un atelier d’écriture sans animatrice c’est comme une psychanalyse sans psy, ça n’avance pas et parfois ça recule. Avec une animatrice on peut faire des bons en avant et avec un auditoire que l’on veut forcement séduire on se surpasse. 


C’est peut-être un petit pas pour l’humanité mais ce sont des bonds de géant pour moi.


Un atelier d’écriture ça commence par des prénoms qui sont autant de personnes à découvrir. C’est un endroit où on peut parler sans être interrompu, ni par des jugements, ni par des bavardages car on vous y respecte et on vous y écoute. Vous pouvez chanter si vous le voulez, vous indigner si vous le souhaitez, rire tout seul ou rire à plusieurs si vous le sentez.

Un atelier d’écriture ça permet de découvrir des endroits, des ambiances, des arômes, des chemins, des jardins, des ruisseaux, des saveurs en mangeant des gâteaux de cycliste au repos. Les gens s’y croisent, s’y décroisent avec parfois des personnes que l’on n’oublie jamais parce qu’elles écrivent bien, qu’elles lisent joli ou qu’elles sont belles. On aimerait les revoir un jour mais c’est la surprise, on ne sait qui vient. Il y a ceux qui viennent presque toujours, il y a ceux que l’on n’attendait plus, il y a ceux qui ne viennent qu’une fois et il y a ceux qui ne viennent plus et qui vous manquent.

Un atelier d’écriture c’est la liberté. On peut écrire en vers, on peut écrire en vert, on peut écrire des bêtises, on peut écrire des vérités. On écoute si on veut et ce qu’on peut. On met le ton que l’on veut. On parle fort pour être entendu ou on parle bas si on veut que les autres se rapprochent de vous. On peut écrire vite, commencer pendant que les nouveaux demandent des précisions sur la consigne, on peut attendre pour commencer, écouter d’abord écouter la pluie ou l’oiseau

.Je voudrais terminer par une pensée pour Thierry qui m’a conduit et parlé pour mon premier atelier et sans qui rien n’aurait peut-être commencé. Il m’a permis d’enlever les petites roues et d’apprendre à pédaler avec les mots. Il ne me restait plus qu’à suivre la ligne pointillée tracée par Céline en me laissant guider par mes émotions.

Guillaume

 

Même si depuis mon enfance j’écris, quand j’y suis obligée, que je tiens un journal ou rédige une lettre, rien ne me grandit plus qu’un atelier d’écriture : je suis une adulte redevenue enfant, mes yeux brillent de joie ou de tristesse, s’ébahissent devant une consigne, à l’écoute d’un participant, je deviens humble parmi les autres et fière de moi, quand je m’aperçois que j’ai fait du néant quelque chose de vivant.

Secrètement j’entre en moi avec la ferme intention de n’en sortir qu’avec un peu de lumière: un mot que je dirai à voix haute, un mot qu’on entendra pour de vrai, un mot qui me rappellera que j’existe et que je ne suis pas seule. 

C’est parce que je suis libre de ne pas écrire que je m’autorise à jouer, c’est parce que je vais lire à voix haute que je m’efforce d’offrir quelque chose de concret à mes compagnons de fortune. C’est parce que je me sens respectée telle que je suis que j’ose, c’est parce que j’aime partager, comprendre, rêver et découvrir que j’écoute l’autre à mon tour. Nous sommes Unis par l’écriture et uniques quand vient l’heure de la lecture.

L’atelier d’écriture me rappelle que je fais partie d’un tout et qu’une partie de ce tout est en moi. 

Myriam