Je sais combien il est difficile de prendre en pleine poire le regard moqueur, les quolibets de camarades d’école sur ton père malade.

Je sais combien il est dur de ne pas s’énerver contre le regard d’un étranger qui fixe ton père malade, échevelé, en fauteuil, comme une bête curieuse.

Je sais combien ils agacent les mots de bonne foi mais maladroits, l’empathie trop douce dans un quotidien en suspens, hors du monde, amer parfois, où l’enfant vit dans la peur constante de perdre le parent malade mais aussi le parent aidant qui s’épuise, s’oublie, nous oublie aussi parfois.

Je sais combien il est dur pour une adolescente de devoir doucher son père parce qu’il s’est fait dessus et qu’il a peur des gestes brusques de l’aide à domicile qui remplace celle avec qui tout se passe bien.

Malgré tout, je ne veux pas écrire que je sais, que je comprends les enfants et adolescents aidants parce qu’aucune situation familiale et médicale ne se ressemble.

Si justement, j’organise des ateliers d’écriture répit pour les jeunes aidants, c’est pour qu’ils échappent aux représentations et puissent exprimer leur être, leur quotidien, leurs aspirations à l’abri des a priori. Et s’ils veulent fuir la vie de tous les jours et saisir l’imagination à bras le corps, bien leur en fasse : qu’ils s’amusent, s’allègent, s’ils ne peuvent/veulent se délester, se révéler.

 

Les ateliers d’écriture répit pour les jeunes aidants commencent en septembre. Ils se dérouleront en visio. Et voici le calendrier des séances gratuites.

Si vous souhaitez participer à ma rémunération pour ces séances, voici le lien pour faire avancer mon projet.